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BIENTÔT CHEZ VOLUME
EXPOSITION


PRATIQUES EXPLORATOIRES DE L'ESPACE


Jusqu'au 23 mai
VOLUME HORS-LES-MURS
Artiste-pédagogue, initié à la danse, professeur honoraire à l’Institut Supérieur d’Architecture Lambert Lombard (Liège), Jean-François Pirson exprime son rapport à l’espace dans des pratiques diverses : texte, dessin, photographie, marche, installation, et workshops ouverts à l’expérience plastique et kinesthésique de l’autre.

Il a notamment publié, à La Lettre volée, Bruxelles, Entre le monde et soi, Pratiques exploratoires de l’espace (2008) ; La danse de l’arpenteur (2014) ; Entre là, Carnets d’Algérie (2015) ; D’être en montagne (2018).
La Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles a édité, en 2011, la monographie Jean-François Pirson, Pédagogies de l’espace - workshops sous la direction de Denis Gielen.
Un entretien avec Albert Clermont rend compte de son travail :
https://www.youtube.com/
watch?v=CSMneuxQ1nQ







« Au début je pensais que Jean-François Pirson voulait reconstituer, sans que cela soit forcément conscient, le puzzle dément de tout ce qui lui fut donné à percevoir même une seule fois, au cours de ses marches, voyages, balades, tours et autres virées toujours bouclées et réfléchies : des éclairs de réflexions, jaillis du perçu, viennent tapisser d’éclats de mots, d’images, et de gestes graphiques (dessiner, photographier) et physiques (crier, sauter, danser, marcher encore, et s’arrêter à nouveau) l’écart entre son corps et le monde. Tous ses livres travaillent à rapporter les brins du large pour construire un nid paradoxal, entièrement retourné dans l’autre sens, son e/antre à lui (néologisme inventé pour l’architecte qu’est Jean-François Pirson), et qui bouge au rythme des pas humains.
(...)
Je pensais donc que Jean-François Pirson cherchait le lien, le vaste dessin où toutes ces boucles de sens, toutes ces tresses d’aperçus échappées jusqu’à l’extrême non visuel de ce qu’elles font briller, trouveraient leurs places : on aurait pu imaginer un usage de la théorie, économique, esthétique, sociologique, etc. etc., qui viendrait organiser le paysage d’ensemble du livre. Mais en fait, c’est la question du monde qui enveloppe tout le corps de la promenade et du livre, et en dévore toute direction. Pas question de l’abandonner, c’est elle, la joue à embrasser. C’est elle, le berceau. »

Véronique Nahoum-Grappe, Le corps comme miroir, le dehors comme nid, in Jean-François Pirson, La danse de l’arpenteur, La Lettre volée, 2014

« L’arpenteur marche sans raison apparente ou pour prendre, les sens ouverts, la mesure du monde dans différents champs : phénoménologique, chorographique * ou géographique, plastique, anthropologique et politique. Cet arpenteur est aussi la personne qui parcourt, en la révélant à elle-même, un petit morceau de terre connu ou négligé, tentant de faire corps avec lui, sans but précis, la personne qui considère cette expérience comme un simple moyen – poétique – de lier sa vie à l’étendue de notre humanité.

Sortant de sa chambre pour un parcours familier ou une plongée vers l’inconnu, l’arpenteur opère une approche lente des êtres et des choses qui viennent à lui. Outre quelques boucles qui cernent de près le lieu habité, son terrain privilégié est l’écart, dans lequel il nomme la zone, la banlieue, la périphérie, le terrain vague, la friche, les espaces habités qu’il transverse. Il marche ouvert à la surprise et au dérangement qui remuent la pensée du dehors. Pour rendre compte de son approche sensitive, il évoque les odeurs, les sons, les vues larges ou serrées et rassemble le tout dans l’idée de frottement. Parfois, sans bien savoir si l’impulsion vient d’une décision précise, d’un rythme qui l’emporte, d’un paysage ou d’une rencontre qui le touche, il danse. Alors le geste s’amplifie, le corps se déploie, répond au silence, à l’espace qu’il fend, au battement du cœur, à sa voix qui résonne, aux sons qu’il écoute, à moins qu’il se concentre sur la répétition d’un geste ou que simplement il sourit. »
Jean-François Pirson, La danse de l’arpenteur, La Lettre volée, 2014
JEUDI 23 MAI - 19H30

RENCONTRE JEAN-FRANÇOIS PIRSON RENCONTRE


PRATIQUES EXPLORATOIRES DE L'ESPACE


JEAN-FRANÇOIS PIRSON





« Au début je pensais que Jean-François Pirson voulait reconstituer, sans que cela soit forcément conscient, le puzzle dément de tout ce qui lui fut donné à percevoir même une seule fois, au cours de ses marches, voyages, balades, tours et autres virées toujours bouclées et réfléchies : des éclairs de réflexions, jaillis du perçu, viennent tapisser d’éclats de mots, d’images, et de gestes graphiques (dessiner, photographier) et physiques (crier, sauter, danser, marcher encore, et s’arrêter à nouveau) l’écart entre son corps et le monde. Tous ses livres travaillent à rapporter les brins du large pour construire un nid paradoxal, entièrement retourné dans l’autre sens, son e/antre à lui (néologisme inventé pour l’architecte qu’est Jean-François Pirson), et qui bouge au rythme des pas humains.
(...)

Je pensais donc que Jean-François Pirson cherchait le lien, le vaste dessin où toutes ces boucles de sens, toutes ces tresses d’aperçus échappées jusqu’à l’extrême non visuel de ce qu’elles font briller, trouveraient leurs places : on aurait pu imaginer un usage de la théorie, économique, esthétique, sociologique, etc. etc., qui viendrait organiser le paysage d’ensemble du livre. Mais en fait, c’est la question du monde qui enveloppe tout le corps de la promenade et du livre, et en dévore toute direction. Pas question de l’abandonner, c’est elle, la joue à embrasser. C’est elle, le berceau. »

Véronique Nahoum-Grappe, Le corps comme miroir, le dehors comme nid, in Jean-François Pirson, La danse de l’arpenteur, La Lettre volée, 2014


« L’arpenteur marche sans raison apparente ou pour prendre, les sens ouverts, la mesure du monde dans différents champs : phénoménologique, chorographique * ou géographique, plastique, anthropologique et politique. Cet arpenteur est aussi la personne qui parcourt, en la révélant à elle-même, un petit morceau de terre connu ou négligé, tentant de faire corps avec lui, sans but précis, la personne qui considère cette expérience comme un simple moyen – poétique – de lier sa vie à l’étendue de notre humanité.

Sortant de sa chambre pour un parcours familier ou une plongée vers l’inconnu, l’arpenteur opère une approche lente des êtres et des choses qui viennent à lui. Outre quelques boucles qui cernent de près le lieu habité, son terrain privilégié est l’écart, dans lequel il nomme la zone, la banlieue, la périphérie, le terrain vague, la friche, les espaces habités qu’il transverse. Il marche ouvert à la surprise et au dérangement qui remuent la pensée du dehors. Pour rendre compte de son approche sensitive, il évoque les odeurs, les sons, les vues larges ou serrées et rassemble le tout dans l’idée de frottement. Parfois, sans bien savoir si l’impulsion vient d’une décision précise, d’un rythme qui l’emporte, d’un paysage ou d’une rencontre qui le touche, il danse. Alors le geste s’amplifie, le corps se déploie, répond au silence, à l’espace qu’il fend, au battement du cœur, à sa voix qui résonne, aux sons qu’il écoute, à moins qu’il se concentre sur la répétition d’un geste ou que simplement il sourit. »
Jean-François Pirson, La danse de l’arpenteur, La Lettre volée, 2014
VENDREDI 24 MAI - 19H30

RENCONTRE HÉTÉROTOPIES VERNISSAGE


VOYAGES EN HÉTÉROTOPIES

JEAN-PIERRE MARCHAND



Jean-Pierre MARCHAND, voyageur attentif au bâti et à ses significations, a réuni dans son livre Voyages en hétérotopies un ensemble de photographies. Cet ouvrage fait suite à un voyage d’apprentissage, avec des étudiants en architecture, à la découverte de bâtiments très connus et d’autres moins connus, qui méritent d’être fréquentés.
L’hétérotopie, concept forgé par Michel Foucault qui signifie « lieu absolument autre », est le point de départ d’une réflexion du philosophe-photographe. Son livre constitue lui-même une hétérotopie, propose un espace de promenade visuelle, entre texte et photographies. D’image en image, des liens se tissent et naît alors une nouvelle géographie, vers un parcours à la rencontre d’architectures parlantes. Celles-ci incarnent du temps et deviennent dignes d’être observées, étudiées comme des monuments.
Du livre est née cette exposition pour un nouveau déplacement du regard et des ouvertures vers des manières de penser ces « œuvres vivantes » . Les photographies de Jean-Pierre Marchand témoignent de lieux traversés, d’architectures qui marquent, saisis durant ses promenades. Il fait ressortir des lignes, des ouvertures et fermetures, des espaces entre intérieur et extérieur. Ces bâtiments invitent à un voyage immobile. À travers cet ensemble de prises de vue d’architectures se profile une nouvelle attention à notre environnement. Dévoilées ici en constellation, ces images documents composent une cartographie de ces territoires parcourus. Chaque cadre les met en situation et renforce le caractère singulier du lieu dont il a fait l’expérience.
D’un livre, cette exposition conduit à une promenade du regard à la découverte de ces architectures explorées, photographiées et ainsi mises en lumière. La librairie devient nouvelle hétérotopie pour un voyage à travers des espaces et temporalités.
Pauline Lisowski

 

Vernissage + Rencontre-débat entre Jean-Pierre MARCHAND et Laurent BEAUDOUIN, architecte, modérée par Pauline LISOWSKI, critique d’art et commissaire d’exposition.